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Rencontre-discussion avec Gratien Zossou : Un génie et une source d’inspiration

Acteur, comédien, poète, écrivain et artiste peintre, Gratien Zossou est un homme singulier, un vivier de talents dont les œuvres impressionnent. Au fil des ans, il a conservé son émulation pour l’art et demeure un modèle pour les jeunes artistes. C’est ce personnage exceptionnel que l’espace culturel et artistique Le Centre a mis sous le feu des projecteurs, mercredi 15 novembre dernier, lors d’une rencontre-discussion dans le cadre de son programme « Artiste en présence ».

Gratien Zossou, acteur, écrivain et artiste peintre

« Artiste en présence » a ramené au-devant de la scène pour une rencontre-discussion, mercredi 15 novembre dernier, un artiste de choix, un talent inépuisable, Gratien Zossou, acteur, écrivain et artiste peintre.

Né en 1948 dans le département de l’Ouémé, Gratien Zossou vit et travaille au Bénin. Passionné et amoureux du verbe, il a marqué les esprits par son talent d’orateur et de poète, avant de se lancer dans l’art contemporain. En juin 2023, il a participé à l’exposition « Le Bénin en Majesté » à Nantes en France, aux côtés de grands noms de la scène artistique… Acteur, il s’est illustré dans plusieurs réalisations parmi lesquelles « Sous le signe du vaudou » (1974), « Ironu » (1985) & « Injustice » (2022). L’homme ne se présente plus.

À la rencontre-discussion du mercredi 15 novembre dernier, l’artiste a partagé avec le public et les jeunes artistes en l’occurrence, son riche parcours et ses expériences, sa source de motivation et sa vision de l’art. « Se retrouver dans le cinéma, dans la poésie, dans les arts plastiques, on n’en décide pas ! Ce sont les autres que vous intéressez, c’est eux qui vous poussent à faire ce que vous faites et vous vous découvrez à travers ce qu’ils veulent découvrir de vous », fait savoir l’homme polyvalent, l’artiste singulier et l’homme de foi. « Je crois en Dieu, je crois en la providence divine et je crois jouir de la grâce de Dieu… », confie-t-il d’ailleurs.

Dominique Zinkpè, artiste plasticien, qui connait l’homme depuis une trentaine d’années, ne manque pas d’éloges sur son parcours. « Gratien est un artiste singulier. Je l’ai connu à mes débuts. Et je le connais encore aujourd’hui, grandissant, il n’a pas faibli », témoigne-t-il. Pour Dominique Zinkpè, Gratien Zossou symbolise bien l’histoire de l’art du Bénin. « Il a connu les trois générations d’artistes contemporains du Bénin… Et surtout ce qui m’a sidéré, beaucoup d’artistes sont rangés au placard. Ce n’est pas son cas ! Gratien Zossou que j’ai connu il y a plus de trente ans ; aujourd’hui encore, vit, travaille, étonne et sublime l’art contemporain béninois. C’est l’un des rares artistes qui a duré dans le temps et il connait sa route… Je crois que ce monsieur mérite d’être dans des musées ».

Sur la bonne voie

Malgré un parcours digne de tous éloges, le colosse entend continuer à se nourrir de l’art et à nourrir les générations futures : « J’espère inspirer d’autres artistes, m’inspirer aussi de l’authenticité de mon pays, et faire la fierté de mon pays », exprime Gratien Zossou. Il encourage les plus jeunes à rester résilients et persévérants. « Je demande aux jeunes de ne jamais se décourager dans le domaine des arts, dans le choix d’être artiste. Etre artiste, c’est avoir foi en ce que l’on fait soi-même ; c’est avoir foi dans les valeurs de son pays et chercher à incarner ces valeurs, et travailler beaucoup ». Il reste optimiste quant à l’essor des arts au Bénin. Pour lui, l’horizon s’éclaire d’un nouveau dynamisme qui présage de lendemains meilleurs. « Ça promet dans beaucoup de domaines, de la création, de l’art, du développement. Je ne suis pas politique mais même les hommes politiques s’améliorent », reconnait Gratien Zossou. Il encourage ainsi le chef de l’Etat à poursuivre sa dynamique de révélation du Bénin à travers l’art et les richesses culturelles endogènes, puis appelle les artistes à y croire, à croire en la culture béninoise.

Article publié dans La Nation

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Nuit des contes à Le Centre : Le public s’enivre à la source de la tradition

« Conte ! Raconte ! Mon conte va, vole et tombe sur… ». Dans la soirée du lundi 14 août dernier à l’espace culturel Le Centre sis à Lobozounkpa, le public a vécu avec ferveur la dix-septième édition de la Nuit des contes. Un moment fabuleux, autour d’histoires allégoriques et instructives.

Charelle Honvo, comédienne et conteuse professionnelle

« Mion ! », clame le conteur ; et tous répondent harmonieusement : « Zô ! » … C’est dans une ambiance participative que le public, ivre de contes, a vécu la Nuit des contes à l’espace culturel et artistique Le Centre. Au programme, une série de contes en live, brillamment récités par des conteurs professionnels ; ensuite des conteurs amateurs dénichés dans le public ; puis la nouveauté : la lecture sur support imprimé de quelques contes, par des volontaires n’ayant auparavant aucune connaissance de ce patrimoine culturel immatériel incommensurable. De quoi rendre la soirée amusante mais aussi instructive et pédagogique, dans une ambiance conviviale, avec des conteurs aux histoires invraisemblables. Et pour preuve…

Une histoire de seins démontables ! Voilà qui est bien imaginaire ! Et pourtant, de ce récit digne des aventures d’Alice au pays des merveilles, ressort une leçon de vie ! Promise à un fiancé qu’elle a juré ne pas vouloir regarder ; la jolie cendrillon, dans la recherche de ses seins égarés, finit par se retrouver en face du fiancé arrangé mais indésiré, dont il tomba amoureuse. Leçon à en tirer : « Ne jamais dire jamais ! Et puis, les contraintes auxquelles les parents nous soumettent, ne sont pas forcément pour nous faire du mal. Cela peut concourir à notre bien », déduit Charelle Honvo, comédienne et conteuse professionnelle. Mais attention, Charelle invite à ne pas voir dans ce conte, une ode aux mariages arrangés et souvent forcés ! Ces temps sont révolus !

Souleymane Laly, conteur professionnel

Un autre récit rocambolesque : il est narré par Souleymane Laly, conteur professionnel. C’est l’histoire de de trois sœurs qui sont allées à la rencontre du génie du fleuve qui a accepté de faire suite à leur vœu le plus cher : celui de trouver une âme-sœur. Le génie leur a donné une statuette à mettre dans le feu, à en ressortir dès qu’elle sera brûlée, avant de souffler là-dessus. La benjamine a été ponctuelle et assidue, elle a introduit la statuette dans le feu et attendu le temps qu’il fallait pour l’en retirer avant de souffler sur l’objet. Cela a donné un homme blanc.  La cadette n’a pas attendu, elle était pressée et l’objet a à peine brûlé. Cela a donné un homme jaune. Mais la sœur aînée s’est endormie, elle n’a pas vu le temps passer. A son réveil, la statuette était calcinée. Quand elle a soufflé là-dessus, cela a donné un homme noir. « C’est ce qui explique le retard de la race noire. Nous les Noirs, nous avons un problème : nous ne courrons pas après le temps mais c’est le temps qui court après nous. Il faut que nous prenions conscience de ce que nous sommes en retard. L’Afrique va se développer si nous nous boostons », conclut le conteur professionnel dont l’histoire irréaliste aboutit à une évidence et à une recommandation contemporaine. C’est d’ailleurs en cela que les contes constituent une école. « Les contes, ce sont des histoires imaginaires assorties de leçons de vie. En organisant la Nuit des contes, l’association Mémoires d’Afrique Bénin veut nous faire boire à la vieille école, cette école pleine de sagesse, à laquelle nos parents et arrières parents ont été », explique Joseph Ahouandjinou, ambassadeur de Mémoires d’Afrique Bénin près la commune d’Abomey-Calavi. Il en profite pour saluer l’accompagnement de l’espace culturel Le Centre qui a soutenu, de façon spontanée, cet événement.

Essonoussè Kpohento, conteur professionnel

« Ce que vous donnez à la vie, la vie vous le retourne ! »

Captivant par son allure, sa démarche sereine et sa percussion Légère qui ne tient qu’à une baguette, le conteur Essonoussè Kpohento, à travers deux contes, a attiré l’attention du public sur les manifestations malsaines de la jalousie et ses conséquences dans les relations humaines. Le premier conte relate l’histoire d’un homme bon et généreux, aimé de tous, mais jalousé par le roi de la contrée. Celui-ci a fini par dépouiller l’homme bon de tous ses biens, le réduisant à la mendicité et à l’errement. Mais, ironie du sort ou justice divine, c’est cet homme crasseux qui finit par répondre aux trois énigmes auxquels le roi, père de trois filles, a soumis tout le village afin de détecter celui à qui il accorderait les mains de ses filles et qui serait l’héritier du trône. L’impitoyable roi n’ayant pas eu de fils. Ainsi, le bonhomme abusé devint le gendre de son persécuteur qui, ne supportant pas les coups du destin, mourut, laissant son trône à celui qu’il a toujours détesté. « La morale c’est ceci : qui que nous soyons dans ce monde, que nous soyons pauvres ou riches, puissants ou faibles, ne méprisons personne et donnons de l’amour autour de nous. Car ce que vous donnez à la vie, la vie vous le retourne ! », conclut le conteur à la baguette sonnante…

A la suite des conteurs professionnels, des volontaires n’ont pas résisté à l’envie de s’essayer. Une expérience qui a révélé des talents en herbe ! Les contes retrouvent leurs lettres de noblesse.

Réuni autour de conteurs professionnels, amateurs et essayistes, le public a bu à la sagesse des contes et légendes d’Afrique

Publié dans La Nation

« Sources » : quand Aston redonne souffle et sens aux déchets à l’Espace Culturel Le Centre

L’Espace Culturel Le Centre accueille jusqu’au mois d’août une exposition singulière, poétique et profondément engagée signée par l’artiste plasticien Aston. Intitulée « Sources », cette exposition a été inaugurée le vendredi 20 juin 2025 en présence du ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, Jean-Michel Abimbola. À travers ce nouveau projet né d’une résidence d’un mois, Aston poursuit avec force une quête artistique qui fait de la récupération bien plus qu’un procédé : une philosophie.

Aston démontre une fois encore que l’art peut être un territoire fertile où renaissent les objets oubliés. Dans « Sources », il transforme déchets, rebuts et fragments d’un quotidien consumé en œuvres vibrantes d’expression. Dans son univers, ce sont les choses mortes qui retrouvent une existence, témoignage matériel de l’adage qu’« il y a une vie après la mort ».

C’est ainsi que le public a pu découvrir une impressionnante variété de matériaux réinventés : mégots de cigarette, allumettes consumées, CD et cassettes délaissés, fils de fer, perles, briquets, seringues ou encore accessoires brisés. Autant de résidus d’histoires individuelles que l’artiste assemble pour raconter une réalité collective. Des œuvres telles que « Aston Formule One », « Fumer tue », « Death Train (Train de la mort) », ou encore « Exploitation de l’Homme par l’Homme » en constituent quelques-unes des pièces majeures, chacune porteuse d’une charge symbolique et politique forte.

Pour Aston, tout commence à la Source. « Il y a toutes les sources dans la société et chaque source est une source. L’homme peut être source de malheur ou de bonheur pour son prochain », confie-t-il. En donnant ce titre à son exposition, l’artiste invite à une plongée dans l’origine des crises contemporaines, qu’elles soient sociales, humaines ou environnementales. « Sources » ne se contente pas d’offrir des explications : l’exposition appelle à l’action, à la réparation et à l’espérance. Elle questionne les racines des injustices pour mieux imaginer un avenir fait de paix, de solidarité et de liberté.

Le ministre Jean-Michel Abimbola, admiratif devant les œuvres, a salué le parcours et le talent de l’artiste. Rappelant qu’Aston avait remporté le Grand Prix de la seule biennale d’art jamais organisée au Bénin, il a souligné que son travail s’inscrit dans une démarche cohérente et riche de sens. « Nous retrouvons ici l’univers d’Aston où le médium est fait d’objets de récupération. Ces œuvres transmettent des messages très forts pour dénoncer les injustices et les inégalités dans le monde », a déclaré le ministre, insistant sur la portée sociale et humaine de cette exposition.

Les enfants au cœur de la démarche culturelle du Centre

Pour le directeur de l’Espace Culturel Le Centre, Berthold Hinkati, accueillir Aston en résidence relevait presque d’une évidence. L’établissement cherchait à ouvrir son public à un artiste pluridimensionnel, dont la démarche artistique s’inscrit en plein dans les préoccupations écologiques actuelles. « Nous sommes dans le mois de célébration de l’environnement, avec la Journée mondiale du 5 juin. Organiser ce vernissage en juin avait donc tout son sens », explique-t-il. Aston, qui arpente ruelles et dépotoirs à la recherche d’objets à transformer, incarne une forme d’écologie artistique autant qu’un geste de salubrité.

Mais l’un des aspects les plus marquants de cette résidence reste la place donnée aux enfants. Fidèle à sa politique d’éducation artistique, l’Espace Culturel Le Centre a organisé un atelier dédié au jeune public de Lobozounkpa et des environs. Les enfants ont été invités à créer une œuvre collective aux côtés de l’artiste, découvrant ainsi une pratique artistique accessible, libératrice et porteuse d’avenir. « Quand les enfants dessinent ou assemblent des objets, les parents pensent qu’ils s’amusent. Mais il faut les laisser faire. Regardez Aston : il vit aujourd’hui de ce que vous voyez ici. Il a parcouru 14 pays européens et 15 pays africains. Ce n’est pas n’importe qui dans le domaine de l’art », a insisté Berthold Hinkati. En réunissant artistes, familles, enfants et amateurs d’art autour d’une exposition qui interroge, qui dénonce, mais surtout qui propose, « Sources » s’impose comme un événement majeur de la saison culturelle. Elle rappelle que l’art peut surgir des lieux les plus inattendus, qu’il peut sublimer des déchets et recomposer le monde en fragments porteurs de sens. Aston nous prouve que ce que l’on jette n’est jamais totalement mort : il suffit parfois d’un regard, d’une pensée, d’un geste créateur pour en révéler la Source.

 ‘’Hwenuxo’’ Hors Les Murs de l’Espace Culturel Le Centre : Les écoliers de l’Epp Agbocodji de Godomey voyagent à travers récits et légendes

L’École Primaire Publique Agbocodji, dans l’arrondissement de Godomey, a connu une ambiance toute particulière ce vendredi 13 juin 2025. En effet, dans le cadre de la mise en œuvre de son programme de contes ‘’Hwenuxo’’, l’Espace Culturel Le Centre, dirigé par son Directeur Général Berthold Hinkati, a offert aux élèves un après-midi d’histoires, de partage culturel et de découvertes. La présence de la conteuse professionnelle Charrelle Hounvo a conféré à ce moment une dimension artistique et pédagogique qui a captivé l’ensemble des écoliers.

Dès les premières minutes, le charme de la séance a opéré. Les enfants, les yeux grands ouverts et les oreilles tendues, se sont laissé transporter au cœur de récits et de légendes inspirés des traditions locales autant que de cultures lointaines. À travers la voix expressive et le geste habité de Charrelle Hounvo, les contes ont pris vie, révélant des personnages hauts en couleur, des aventures palpitantes et des morales riches d’enseignements. Les élèves n’ont pas seulement écouté ; ils ont vécu les histoires, réagissant avec enthousiasme aux moments forts du récit.

Le programme ‘’Hwenuxo’’ se veut un cadre d’éveil intellectuel et artistique pour les plus jeunes. Pensé dans une dynamique d’éducation culturelle, il vise à réintroduire les contes – trésors immatériels du patrimoine – dans le quotidien des enfants. À chaque session, des conteurs et conteuses professionnel·les sont invités pour offrir un moment de rires, d’émotions et de sagesse. Une démarche que Berthold Hinkati justifie par la nécessité de reconnecter les enfants aux valeurs essentielles de la société, tout en stimulant leur imagination.

La séance du 13 juin a également été ponctuée de chants et de danses, instaurant une véritable interaction entre l’artiste et son jeune public. Dans une ambiance joviale, les élèves ont participé activement, reprenant des refrains et mimant certains mouvements proposés par la conteuse. Ce mélange de narration, de musique et de danse a permis de créer un espace de détente qui s’est avéré autant ludique que formateur.

En quittant la cour de l’école, beaucoup d’enfants affichaient un sourire radieux, témoignant de la magie opérée par les contes. Avec le programme ‘’Hwenuxo’’, l’Espace Culturel Le Centre confirme son engagement à promouvoir la culture auprès des plus jeunes, en leur offrant des moments qui nourrissent l’esprit, éveillent la créativité et transmettent les valeurs essentielles de la vie.

Cotonou en mutation : Sahar El Echi dévoile son Work In Progress à l’Espace Culturel Le Centre

L’artiste visuelle et réalisatrice Sahar El Echi, en résidence à l’Espace Culturel Le Centre, a présenté samedi 3 mai 2025 une étape de son projet consacré à la gentrification et aux transformations urbaines à Cotonou. Cette restitution publique, suivie notamment par de nombreux enfants, a permis de découvrir un extrait de son œuvre en cours.

La vidéo projetée met en lumière les impacts humains liés aux vastes chantiers urbains engagés dans la capitale économique. À travers les exemples de Wlacodji, de la berge lagunaire et de la Route des Pêches, l’artiste documente les délocalisations de riverains et les conséquences économiques qui en découlent. L’un des témoignages marquants est celui d’un coiffeur, plusieurs fois déguerpi, contraint de poursuivre son activité dans la rue faute de local.

 « Je travaille sur les espaces en mutation et sur l’urbanisation », explique Sahar El Echi, qui a déjà mené des projets similaires en Tunisie et à Casablanca. Attirée par l’ampleur des transformations en cours à Cotonou, elle interroge la manière dont un territoire en reconstruction perd une partie de sa mémoire et de son identité. Cette création s’inscrit dans un triptyque sur trois villes en transition que l’artiste souhaite diffuser au-delà de sa résidence béninoise.

Urbanisation : entre développement et fragilités sociales

Un artiste plasticien présent à la restitution – qui souhaite rester anonyme – juge la démarche pertinente : « Le sujet touche tout le monde. L’urbanisation apporte du développement, mais elle crée aussi de nombreuses difficultés. Certains commerçants se plaignent de devoir se déplacer si souvent que leurs clients ne les trouvent plus ». Il plaide pour un accompagnement renforcé des populations affectées.

L’artiste plasticien Mahoussi Ahodoto souligne pour sa part la délicatesse du parti pris visuel de Sahar El Echi : l’absence de visages dans la vidéo. Selon lui, ce choix respecte une réalité culturelle : « Le Béninois n’aime pas apparaître à l’écran, et l’œuvre le montre bien ».

Pour Berthold Hinkati, Directeur de l’Espace Culturel Le Centre, cette présentation s’inscrit dans la logique de “Work In Progress”, une restitution intermédiaire rendue possible grâce à un partenariat entre Le Centre, l’Institut français du Bénin et l’Ambassade de France. « Elle nous amène à aborder la gentrification, un concept sociologique lié à la transformation des lieux. C’est aussi une satisfaction de voir l’implication des enfants, au cœur de notre démarche de médiation culturelle », indique-t-il.

Focus sur Sahar El Echi

Née en 1992, Sahar El Echi vit et travaille à Tunis. Artiste visuelle, cinéaste et chercheure en études cinématographiques, elle est diplômée de l’Institut Supérieur des Beaux-arts de Tunis (ISBAT) en design graphique et communication. Elle est l’autrice de plusieurs films indépendants (Mutation, Entre-deux, Correspondances, Manwella) et de vidéos sélectionnées dans de nombreux festivals nationaux et internationaux. Son travail explore les relations entre l’individu et son environnement à travers une approche mêlant réflexions plastiques, esthétiques et politiques.

Hwenuxo à l’Espace Culturel Le Centre : Patrice Toton ravive la force de l’amitié auprès des enfants

Samedi 26 avril 2025, l’Espace Culturel Le Centre a renoué avec la magie du conte à travers son initiative « Hwenuxo ». Pour cette édition, les enfants ont vécu un voyage imaginaire dans lequel le metteur en scène, comédien et conteur professionnel franco-béninois Patrice Toton, reconnu pour sa capacité à transmettre, par la parole, des valeurs humaines essentielles, a mis en valeur l’amitié.

A travers une succession d’histoires riches en rebondissements et en leçons de vie, Patrice Toton a placé l’amitié au cœur de son récit. « L’intention au départ, c’est de raconter d’abord l’amitié. Ces jeunes enfants ont besoin de comprendre l’importance d’avoir des amis, de préserver ces relations. L’amitié est un bien précieux : quand on a des amis, il faut les aimer et en prendre soin. C’est le sujet central de l’histoire », explique-t-il.

Au-delà de ce thème phare, deux autres contes ont mis en lumière la valeur des enfants, leur relation aux parents, et leur capacité à devenir, eux aussi, des héros — à l’image du petit Gunta, « plus petit que Kirikou », mais assez courageux pour sauver tout un village d’un monstre.

Patrice Toton s’est dit impressionné par la réactivité du jeune public :
« Je les sollicite souvent pendant mes histoires. Ils réagissaient immédiatement, reprenaient mes mots, rassemblaient les éléments de l’histoire. Ils avaient une écoute formidable ».

Quand les enfants retiennent surtout… l’amitié

Le public, composé majoritairement d’enfants scouts catholiques du District Cardinal Bernardin Gantin de Cotonou, a été totalement captivé pendant près de deux heures. Les réactions des enfants montrent à quel point les contes les ont touchés.
Adjiwanou Hesni confie : « J’ai apprécié l’histoire de Gunta. Même si le monstre l’insultait, il n’a pas abandonné et il a sauvé son village. Moi aussi, j’aimerais être comme lui ». Pour Karl Nora, la leçon porte sur le respect entre “amis-personnages” : « Je n’ai pas aimé que la main prenne la nourriture de l’oreille malade sans lui demander. Entre amis, on doit se respecter et dire la vérité ».

Ces réactions montrent que les enfants ont compris le cœur du message : l’amitié se nourrit de respect, d’entraide et de sincérité.

Former une génération ancrée dans l’art et les valeurs humaines

Selon Berthold Hinkati, Directeur de l’Espace Culturel Le Centre, le choix de Patrice Toton s’est imposé naturellement : figure majeure des arts de l’oralité et promoteur des Rencontres Internationales des Arts de l’Oralité (RIAO), le conteur incarne une tradition vivante. Il se réjouit du niveau d’engagement du jeune public : « Nous préparons les enfants depuis longtemps à l’art et à la culture. Avec les ateliers, l’humour, le dessin, les contes… ils savent écouter, participer. Avec la qualité des contes de Patrice Toton, ils ont été touchés immédiatement, comme s’ils connaissaient déjà les histoires ». Pour lui, la transmission culturelle commence dès le plus jeune âge : « Si nous voulons promouvoir les arts et la culture, il faut penser aux enfants. Ils sont modelables, ils apprennent vite. Dans cinq, dix ou vingt ans, ils seront la fierté du pays. »

A travers ce retour du conte, l’Espace Culturel Le Centre confirme sa volonté d’ancrer les jeunes dans les arts, tout en leur transmettant des valeurs fondamentales dont l’amitié, présentée ici comme un trésor à cultiver dès l’enfance.

Wà Cinéma à l’Espace culturel Le Centre : « Un pas en avant », un film choc sur la corruption en Afrique

Le rideau s’est levé ce vendredi soir à l’Espace culturel Le Centre sur une œuvre cinématographique puissante et engagée : « Un pas en avant : les dessous de la corruption », du réalisateur béninois Sylvestre Amoussou. Ce long-métrage de 1h45, à la fois percutant et pédagogique, a conquis le public venu nombreux assister à la projection organisée dans le cadre du programme Wà Cinéma.

Réalisé en 2010 mais toujours d’une brûlante actualité, le film plonge au cœur d’un fléau tenace qui ronge le continent africain : la corruption. À travers l’histoire poignante de la disparition mystérieuse d’un petit artisan, et l’enquête menée par son frère épicier, le spectateur est entraîné dans les méandres d’un système corrompu, où l’aide humanitaire devient source d’enrichissement illicite, de crimes impunis et d’intimidations.

Fidèle à son style engagé, Sylvestre Amoussou endosse avec ce film le rôle de dénonciateur des dérives politico-sociales. Intervenant en direct de la France à l’issue de la projection, le cinéaste a justifié l’importance de situer l’intrigue dans des localités béninoises comme Godomey ou Calavi, affirmant qu’il est temps de « faire connaître les villes béninoises au-delà des frontières ».

Sur le fond, Amoussou n’a pas mâché ses mots : « Quand je parle de l’aide humanitaire, je montre que même les aides qu’ils donnent pour le continent africain, il y a une partie qui est déjà détournée même par les donateurs avant d’arriver. Et quand ils arrivent en Afrique, nos gouvernements détournent une grosse partie et les gens pour qui cela est destiné n’ont pas grand-chose ». Un message fort, porteur d’un éveil de conscience, lancé pour alerter sur la nécessité d’une meilleure gouvernance à tous les niveaux.

Pour Berthold Hinkati, directeur de l’Espace culturel Le Centre, le choix de ce film s’est imposé naturellement. « Il y avait la qualité et ça dénonçait des phénomènes sociaux. Ce qui entre bien en lien avec le programme Wà Cinéma. Les réalisateurs en général profitent de la fiction pour véhiculer de très bons messages. Et ce soir, nous avons entendu de très bonnes informations liées à la corruption. On a réellement vu les dessous de la corruption ».

La projection a donc non seulement diverti, mais également interpellé les consciences, fidèle à la mission de l’espace de promouvoir une culture engagée et porteuse de sens.

Un public conquis

Parmi les spectateurs, Joël Hossou, habitué de l’Espace culturel, a salué le courage du réalisateur : « Ce n’est pas facile de traiter ce genre de sujet. Il a fallu à Sylvestre Amoussou beaucoup d’audace et de courage. J’espère que les gens ont appris du film et vivement que la corruption diminue dans les communautés africaines ». De son côté, le réalisateur Terrence Anago a apprécié l’œuvre sur plusieurs plans : « J’ai aimé la technique, l’histoire, la dramaturgie. C’est toujours un plaisir de venir visionner des œuvres de qualité à l’Espace culturel Le Centre ».

« Un pas en avant : les dessous de la corruption » s’inscrit dans la lignée des films à vocation citoyenne, portés par un cinéma africain de plus en plus conscient de son rôle dans la transformation sociale. À travers cette projection, Le Centre confirme son engagement à faire de la culture un levier d’éveil, de débat et de changement.

Atelier Jeune Public avec Bamouss : Un éveil des enfants à la sculpture

Avec Bamouss, les enfants ont exploré, samedi 29 mars 2025, l’univers de la sculpture tout en s’inspirant de ses techniques de création. Ce fut une expérience enrichissante pour ces enfants qui ont pu réaliser, chacun, une œuvre.

Les enfants se sont exercés à la sculpture

Chaque enfant est reparti de l’espace culturel Le Centre, samedi 29 mars dernier, avec une œuvre d’art, qu’il a lui-même réalisée. L’atelier de sculpture a été un moment créatif et distractif. « Ça fait un moment que je reçois les notifications. Et quand je vois des activités qui m’intéressent, que les enfants vont apprécier, je décide de les amener, histoire de leur apprendre autre chose », confie Georgina Nouatin dont l’enfant a participé à cet atelier.

« Ils ont souvent l’habitude de faire de la peinture. Aujourd’hui, on s’est dit qu’il faut changer le sujet, il faut faire de la sculpture. Ce que j’ai essayé de faire avec les enfants. Ce n’est pas de sculpter le bois, parce qu’ils ne peuvent pas utiliser des matériaux tranchants pour pouvoir sculpter le bois. On a utilisé juste quelques matériaux qui sont un peu de la récupération, le plastique de Coca, un peu de fer, fil de fer et des tissus. On a essayé de découper le plastique pour pouvoir en faire un personnage. Donc, chacun a fait son personnage. Il y a certaines personnes qui dansent, certaines personnes qui sont debout. On a commencé d’abord par le squelette. Et après, on a essayé de faire le socle pour pouvoir le maintenir debout. Ensuite, on a essayé d’habiller, c’est-à-dire mettre des tissus, habiller toutes ces sculptures pour pouvoir lui donner une texture » a expliqué l’artiste Bamouss. A l’en croire, l’atelier aide les enfants à développer leur côté culturel. « Ici au Bénin, on n’a pas cette culture-là où on est vraiment plongé dans l’art. Mais aujourd’hui, l’espace culturel Le Centre permet aux enfants de développer ce qu’ils ont en eux », fait observer l’artiste.

Actuellement en exposition à l’espace culturel Le Centre, le travail de Bamouss s’inscrit dans une démarche de récupération et de transformation des matériaux. À travers l’assemblage de bois, de tissus et de cordes, il redonne vie aux objets abandonnés, interrogeant ainsi le rapport aux déchets et à l’environnement.

L’objectif visé, précise Berthold Hinkati, directeur général de l’espace culturel Le Centre, est d’initier les enfants à la pratique de l’art, notamment de la sculpture à l’école de Bamouss.  « Quand on voit la centaine d’enfants assister à un atelier pareil, ça ne peut que faire plaisir. Ces enfants ne sont pas seulement venus du quartier. Certains sont venus de très loin pour assister à cet atelier et accompagner de quelques parents. J’ai remarqué aussi que certains parents se sont mêlés au comité d’organisation pour que tout se passe bien. Quand on observe tout ça, on ne peut qu’être heureux. Les résultats ont été atteints », fait savoir Berthold Hinkati.

Soirée théâtre à l’espace culturel Le Centre : La pièce « Comme des flèches » a captivé le public

Samedi 22 mars dernier, les usagers de l’espace culturel Le Centre, ont eu le plaisir de suivre une performance théâtrale intrigante mais réussie. Il s’agissait notamment de la pièce « Comme des flèches » de Edith Zodehoungan qui a été fort bien représentée.

Une pièce représentée avec professionalisme et ingéniosité

Bouba, jeune bachelier en rupture d’études, mécanicien le jour, musicien-griot la nuit, est mort du Sida, pratiquement abandonné de tous. A son enterrement, un gout d’inachevé promenait son amertume sur toutes les langues et faisait onduler la peur sur tous les visages. Seule et bouleversée, Amina sa dernière compagne, revoit défiler, comme dans un rêve ou un cauchemar, les temps forts de leur relation. Elle tente d’y puiser le courage de rompre le silence et d’annoncer à son mari qu’elle aussi porte la maladie au plus profond d’elle-même. Angoisse, douleur, émotion, tendresse…, des sentiments que dégagent cette pièce de théâtre. Écrite par Koulsy Lamko et produite par Tout Gran Theatr Djogbé avec le soutien de la Coopération Suisse au Bénin, « Comme des flèches » est un mélange d’introspection et de partage qui plonge dans les réalités de divers combats invisibles de notre époque.

A en croire la metteuse en scène, Edith Zodéhoungan, c’est un texte qui, sans moralisation ni volonté éducative, tente d’aborder, au-delà-de l’angoisse et de la solitude, les rivages de la douleur avec émotion et tendresse. « Le texte, quand je l’ai découvert et lu, c’est le titre qui m’a intéressée. Pourquoi Comme des flèches ? De quelles flèches parle-t-on ? Donc quand je suis entrée dedans, le style d’écriture m’a intéressée. Il y avait des mots vraiment forts. Donc on a voulu commencer la mise en scène. Le texte est un peu tragique, mais on a dit qu’on va y mettre un peu d’esthétique, qu’on ne va pas sombrer dans le tragique. Et l’auteur aussi l’a fait ainsi parce qu’il y a des moments où Bouba se transformait en poète. Donc il y a l’aspect poésie qui cassait la tragédie » justifie Edith Zodéhoungan.

« Le mois de mars est dédié à la gent féminine. Le spectacle que nous avons suivi tout à l’heure est monté en majorité par la femme. Une administratrice qui est une femme, une metteuse en scène, une costumière, etc. Pour nous, c’est important de montrer un spectacle pareil qui fait la promotion de la femme comme des gens importants qui peuvent monter, tout comme les hommes, une belle prestation scénique, une belle prestation de théâtre », va déclarer le directeur de l’espace culturel Le Centre, Berthold Hinkati, pour situer le contexte de cette représentation théâtrale.

Les protagonistes de cette représentation

Texte :  Koulsy Lamko

Mise en scène : Edith Zodehoungan

Scénographie : Bénédicta Babagbeto

Administration : Beola Touggourt

Régisseur lumière : Gérard Daague

Régisseur son : Giraud Houansou

Costumière : Amandine Djaho

Jeu : Hérédia Hodonou, Mauricette Togni, Casimir Agbla, Modeste Agbikossi

Production : Tout Gran Theatr Djogbé / Coopération Suisse au Bénin

Atelier de peinture avec Émérick Boby : Un moment créatif et amusant pour 150 enfants

Ils étaient tout heureux de manier les pinceaux aux côtés de l’artiste visuel Émérick Boby. C’est environ 150 enfants de 6 à 15 ans qui ont pris part, samedi 15 février dernier, à l’atelier de peinture organisé à leur intention par l’espace culturel Le Centre.

Les enfants initiés à la peinture

Passionnés ou simples curieux, cela importe peu. Tous étaient occupés à peindre. C’était pour les 150 enfants présents ce samedi 15 février 2025 à l’espace culturel Le Centre, l’occasion de découvrir autrement l’univers de la peinture, d’explorer différentes techniques de ce médium, mais surtout, de partager un moment convivial en groupe tout en développant leur imagination.

Après avoir suivi avec attention les techniques utilisées par l’artiste visuel Émérick Boby, ces enfants provenant des écoles de Sèdégbé-Lobozounkpa-Atrokpocodji-Cocotomey-Cococodji et autres se sont mis à l’œuvre et ont dessiné autour de la thématique des Parents. « … Au cours de l’atelier de peinture avec les enfants, on a essayé de travailler dans un style un peu particulier qui est le mien. C’est-à-dire des personnages noirs bordés de couleur Or. Comme vous l’avez remarqué, au début de l’atelier, on a fait une sélection de thématique et c’est le thème Parent qui a été choisi », explique l’artiste. Une expérience très appréciée par les enfants et leurs parents.

A en croire, Berthold Hinkati, directeur général de l’espace culturel Le Centre, l’objectif de ce programme est justement de faire passer aux enfants, des moments agréables de découverte, de création, de développement de l’imaginaire… « Périodiquement, nous organisons ici des ateliers Jeune Public pour initier les enfants aux pratiques artistiques. En ce qui concerne l’année 2025, nous avons préféré commencer par un atelier de peinture. Nous avons donc ciblé Boby pour qu’il puisse familiariser ces enfants à sa pratique artistique », a expliqué Berthold Hinkati. Il annonce qu’au cours des mois à venir, l’espace culturel Le Centre organisera d’autres ateliers Jeune Public en peinture, sculpture, danse, dessin…

Projection du film « Tourbillons » à l’espace culturel Le Centre : Foule autour du premier Wà Cinéma de 2025

Le premier rendez-vous cinématographique de l’espace culturel Le Centre a réuni plusieurs cinéphiles, vendredi 7 février dernier, autour du film Tourbillons de Abdel Hakim A Laleye. Un long métrage sorti en 2017 et signé Laha Productions et qui plonge dans une intrigue transcendant les limites de l’éthique et du rationnel.

Le public attentif, suivant la projection

« Revenue d’Europe pour participer au mariage de sa demi-sœur Abakè, Abbey, jeune africaine et moderne, caresse secrètement le rêve de retrouver son amour de jeunesse, Ola, dont elle avait perdu trace depuis huit ans. Le lendemain de son arrivée, sa sœur l’appelle pour lui présenter l’heureux élu. C’est la stupeur. Le futur beau-frère n’est autre que son ex, Ola ». Ainsi planté le décor de ce long métrage qui fera voyager entre stratégies et fourberies de deux sœurs décidées à gagner le cœur de Ola. Victime collatérale de leurs manœuvres pernicieuses, Ola est pris aux pièges de leurs sortilèges et devient fou. Revenu à lui grâce aux intercessions deprêtres exorcistes, après confessions des deux sœurs rivales, Ola décida alors de n’épouser ni l’une, ni l’autre.

Émouvant, divertissant et captivant, Tourbillons est le film éponyme du roman de Abdel Hakim A Laleye paru en 2014 aux éditions Laha. « J’ai lu le roman en 2015 quand j’étais encore au collège. Honnêtement j’étais tellement inspiré à vouloir même réaliser cette scène lors des journées culturelles mais je n’avais pas eu l’occasion » va déclarer Romaric Misségbé, acteur de cinéma et responsable de Romsi Ciné Films. Il salue l’effort fourni dans le choix des acteurs, avec la présence de grands noms du cinéma ivoirien comme Gohou, Bohiri, Nastou, etc. Pour Josaphat Kpogba, cinéphile, ce film est très instructif. « C’est un film qui donne un très bon conseil en général sur l’amour. Comment on peut se comporter. Car il ne faut pas, en quête de satisfaction personnelle, mettre la vie de toute une famille ou de quelqu’un en danger. J’ai aussi retenu à la fin que le pardon libère parce que c’est le pardon qui a pu guérir Ola », soutient-il.

Un choix apprécié

Le programme Wà Cinéma se tient tous les premiers vendredis du mois à l’Espace Culturel Le Centre et a été initié pour raviver la culture du cinéma à Abomey-Calavi et pour contribuer à la promotion des productions cinématographiques issues et/ou en lien avec le continent. Directeur général de l’espace culturel Le Centre, Berthold Hinkati revient sur ce qui a motivé le choix du film « Tourbillons » en ouverture du programme Wà Cinéma cette année. « Nous avons engagé en 2004 une collaboration avec Laha Productions.  Dans la collaboration, il fallait choisir un certain nombre de films au cours de l’année. Vous savez aussi que nous avons une bibliothèque, la bibliothèque Wanilo. Et dans la bibliothèque, le roman « Tourbillons » est très apprécié des usagers. Avec Laha Productions, j’ai constaté qu’il y a le film éponyme du roman. Je me suis dit, vu l’attrait des usagers de la bibliothèque vis-à-vis de ce roman, il serait bien de faire la projection du film. C’est ce qui a été fait ce soir. Et je constate avec beaucoup de plaisir que les cinéphiles l’ont apprécié » fait savoir Berthold Hinkati.

Le Live à l’espace culturel Le Centre : Pari réussi pour Don Métok et Fifamè

L’espace culturel Le Centre a drainé, samedi 14 décembre 2024, des centaines de mélomanes et curieux autour de la soirée Live animée par la chanteuse Fifamè. Attraction particulière de cette édition, la guest star Ignace Don Métok dont les sonorités sont irrésistibles.

Une soirée époustouflante ! La soirée Live du 14 décembre 2024 à l’espace culturel Le Centre a valablement ouvert les festivités de fin d’année.  Avec l’homme aux 30 années de carrière musicale, Don Metok, et la fine voix de Fifamè, le public a vécu un moment particulier. Enfants, jeunes et personnes âgées, ils étaient là nombreux, ce samedi 14 décembre 2024, à chanter et danser avec les artistes invités. Très connue du public de l’espace culturel Le Centre, Fifamè a fait une prestation impressionnante, avant l’entrée sur scène, en seconde partie, de la guest de la soirée, Ignace Don Métok. Dans une ambiance surchauffée où les spectateurs se sont mués en artistes, Fifamè et Don Métok ont revisité quelques morceaux de la guest star notamment Gnonnu (La femme) ; Hongan (La clé) ; Dougbè (Vis !), Atilito (Tu es têtu) …

« Je trouve que c’est un moment très intéressant, un moment qui a fait plaisir à tous ceux qui étaient là, particulièrement aux enfants qui ont profité de la soirée. Et déjà, je trouve que c’est une initiative qu’il faudra répéter parce que nous manquons de ces moments de jouissance, de distraction. Si on peut profiter du congé pour multiplier ce genre d’activités, ça va vraiment rendre un service à la communauté », a confié Eliro Tamadaho, l’un des spectateurs. Tout comme lui, une autre spectatrice trouve que c’est une très belle initiative de la part de l’espace culturel Le Centre. « On a dansé, on a rigolé. La comédie, la danse, les chants, les enfants ont très bien réagi, merci à nos artistes qui ont répondu présents », a-t-elle laissé entendre. Elle se dit impressionnée par le déplacement massif. « Ils étaient chaleureux, ils étaient dans l’ambiance, ils nous ont accompagnés tout au long du spectacle et je suis très contente, je suis émue également et je suis reconnaissante également à Dieu » a-t-elle confié. Pour elle, c’est un honneur de prester aux côtés de Don Métok. « Je suis sa fille et me retrouver sur scène avec mon père, chanter avec lui, danser avec lui, l’honorer, lui rendre hommage de son vivant, je suis très fière de lui d’abord et de moi et je me dis petit à petit, l’oiseau fait son nid », s’est réjouie Fifamè.

Pour Berthold Hinkati, directeur général de l’espace culturel Le Centre, c’est une satisfaction de voir ce public nombreux dans une ambiance si festive. Il donne déjà rendez-vous en 2025 pour un concept rénové de l’initiative Le Live.

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